Entretien avec Eric Haudeville, Responsable Bureau des Méthodes

Extrait de l’interview "L’Union Européenne en 2025"

jeudi 5 mars 2015

En 2025, comment imaginez-vous l’UE ?

« Si on prend les bonnes décisions, j’imagine l’UE avec un principe de communauté, de fédération, de politique globale européenne avec une seule stratégie, et une politique extérieure. Car sur la scène internationale à l’heure actuelle, nous faisons bien rire les grands blocs. Car ce qu’on fait au niveau de la politique extérieure n’est pas crédible. Si on reste un bloc avec des avis différents cela ne marchera pas.
En 2025, pour arriver à cette transformation de l’UE, c’est un peu court, maintenant avec une volonté politique ça peut se faire. Et bien menés les peuples sont capables de l’entendre et sont prêts à l’entendre. Mais il y a des polémistes dans chaque pays qui sont là pour dire n’importe quoi sur l’Europe.
L’Europe a fait quelque chose de formidable depuis sa création, c’est une réelle opportunité, et on ne le dit pas assez. »

Vous sentez-vous plus français ou européen ?

« Je me sens plus français qu’européen aujourd’hui, outre le volet culturel, car le Français a un certain égo et une culture très marquée. Déjà, certains Français se sentent plus bretons ou basques que Français par exemple. La fédération européenne a surtout une existence dans quelques textes, mais pas assez dans la vie de tous les jours. Par exemple si je regarde dans mon portefeuille je vais sortir une carte d’identité française, je devrais sortir une carte d’identité européenne. Je devrais avoir un permis européen, même si je peux conduire dans les autres pays européens.
Il y a un certain nombre de symboles qui manquent pour nous faire adhérer à l’Europe. Il y a ce changement à mener, cette rupture, et tant que les peuples ne se sentiront pas d’abord européen, ils ne se bougeront pas.
Par exemple, un Américain et d’abord américain et après fait partie d’un état, ça devrait être pareil pour les Européens. Se sentir d’abord européen et ensuite français. »

Propos recueillis par Océane Ruciak

Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le document joint

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