Interview de Juliette Loinger-Beck

samedi 30 mars 2013

Marie-Aïda Mané (MAM) : Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Juliette Loinger-Beck (JLB) : j’ai 25 ans, j’ai une licence de biologie obtenue avant d’intégrer un Master en Environnement, Développement, Territoires et Sociétés au MNHN (Museum National d’Histoire Naturelle). Ce master a constitué une réelle ouverture sur l’Homme dans son Environnement. Il m’a aussi amené à m’intéresser à l’influence de la culture sur l’Homme biologique. J’ai ensuite intégré un Master 2 où je me suis spécialisée Anthropologie de l’Alimentation.

MAM : Comment en êtes-vous arrivée à la prospective ? Et à l’aménagement des territoires ?

JLB : Très sincèrement, jusqu’à il y a un peu plus d’un an, je ne savais pas vraiment ce sur quoi mon père travaillait ! Et j’ai commencé à m’intéresser à l’aménagement des territoires ruraux dans le cadre de mon Master où j’ai travaillé sur l’agriculture.

MAM : Selon vous, qu’est-ce que votre père a apporté à la prospective ?

JLB : J’aurai toujours l’image de mon père comme d’un homme qui avait le choix entre deux options : soit être un chien en laisse soit être un loup sauvage en liberté ! Pour moi, il a choisi la deuxième option : être un loup sauvage en liberté ! Ce n’était pas un choix facile mais cela lui a permis d’avoir une formidable liberté intellectuelle. Et c’est grâce à cette liberté intellectuelle qu’il a, à mon sens, apporté à la prospective un champ de recherche extrêmement novateur et interdisciplinaire.
Cela faisait une trentaine d’années qu’il organisait des séminaires durant lesquels ils réunissaient des personnes travaillant potentiellement sur des sujets similaires de prospective territoriale mais ayant des approches parfois très différentes. Ces rencontres étaient de véritables lieux de réflexion qui favorisaient une forte émulation.

MAM : Que vous a-t-il légué pour mieux appréhender les territoires et les hommes qui les habitent ?

JLB : J’ai un peu de mal à répondre à cette question car pour moi, il m’a surtout apporté une réelle ouverture à l’interdisciplinarité. Il me l’a inculqué sans même que je m’en rende compte !
Je pense qu’aujourd’hui, il est primordial de bien appréhender les divers aspects et approches d’un sujet pour être expert de ce même sujet. Par exemple, on peut travailler à différentes échelles (globale ou locale), avec différents types d’acteurs, sur différents territoires. Ces acteurs et territoires sont interdépendants et c’est l’interdisciplinarité qui va rendre favorable leurs interactions.

MAM : Quel rôle souhaitez-vous jouer aujourd’hui dans le secteur de la prospective ?

JLB : Je ne me vois pas pour l’instant, jouer un rôle dans le secteur de la prospective même si c’est un sujet qui m’intéresse de plus en plus. Cependant, si je devais m’y investir plus en avant, ce serait dans le but d’optimiser sous différents critères (social, environnemental, économique, …) la façon dont les hommes peuvent vivre au sein d’un territoire, avec comme base l’interdisciplinarité.

MAM : merci beaucoup Juliette, d’avoir pris le temps de répondre à nos questions et bonne continuation !